31janv. 2010
Le monde est petit - #2 - Mais où est cet engrenage ?
23:38 - Par Wosh - Ecrits - aucun commentaire
Voici la seconde partie de cet essai.
Cela fait trois jours que je me pointe au deuxième sous-sol. Ah oui, je suis monté d'un niveau. Mais ce n'est pas le niveau de mon travail qui a augmenté.
J'assiste Paki, un grand gars sympa mais pas très causant et visiblement plutôt anxieux. Assister est un bien grand mot. Aujourd'hui, mon travail, c'est de retrouver la corrélation, perdue suite au sinistre informatique, entre des adresses IP et des noms de machines.
Bon, ce n'est pas pire que d'autres. Certains avec qui j'ai pu discuté rassemblent les octets perdus sur des disques durs. Voire même, les comptent ! D'autres restructurent ces données éparses en fichiers...
Mais à moins de chercher à découper le Temps, ça m'en laissait justement un peu de temps, libre. Pour farfouiller.
De prime abord, avec le peu d'accès consenti, le Système de Gestion de l'Information de Virtec semblait conforme à l'état de l'art et à ce que l'on trouve chez les concurrents. On trouvait des stations de travail sur tous les bureaux, un sympathique petit réseau d'entreprise avec beaucoup de fibres optiques (auraient-ils peur d'un quelconque espionnage ?) et une ferme de serveurs relativement conséquente. Oh, deux ou trois accès m'ont permis d'y imaginer des serveurs de fichiers, des gestionnaires de bases de données, du cloud computing et certainement quelques outils maison ainsi que de la sauvegarde.
Le soir, de retour dans mon bureau, j'ai attrapé cebola, un netbook particulier. Il est configuré pour n'utiliser que le réseau Tor et ses relais. J'ai pu ainsi tranquillement visiter le site public de Virtec. Le problème avec cette machine, c'est que l'écran est tellement petit que j'en ai les yeux qui pleurent... Mais c'est une boite à outils bien pratique.
Ce que j'ai découvert m'a intrigué. Les ports classiques étaient présent: le web bien sûr, ainsi que le mail. Un ftp public, bon. Pas d'accès ssh même sur des ports exotiques. Tiens, un serveur de temps !
Le serveur web, sur une DMZ, était accessible par un proxy qui permettait le filtrage applicatif des requêtes HTTP. Et les serveurs de cette DMZ ne devaient être que des copies des serveurs de production. Bien. Tout est normal, non ?
Je mettais ça en parallèle avec ce que j'avais découvert en interne. Quelque chose ne collait pas...
N'avais-je pas était embauché ainsi que beaucoup d'autres pour aider une entreprise dont le SGI était tellement ravagé que l'ensemble des employés ne suffisaient pas à remettre le bazar en route ?
Au petit matin suivant, (8h00 quoi !) le réveil matin calé sur Radio Club.
"Nous retrouvons notre envoyé spécial Rafael Guiomar en direct de l'aéroport de Sá-Carneiro. Rafael, confirmez-vous la dramatique nouvelle ? Un attentat aurait-eu lieu tôt ce matin, emportant une partie de l'aérogare ?"
"Bonjour Andreia. Pour l'instant les autorités ne veulent pas en dire plus. Mais effectivement, du cordon de sécurité mis en place par le service sanitaire, nous pouvons apercevoir une grande fumée s'élever. Malgré l'agitation, le peu que j'ai pu voir du toit ressemblait à un trou béant !"
Bigre, un attentat, ici. Y'a pas plus calme comme pays.
Mais j'ai décidé de ne pas me laisser perturber. Je sais bien que les voies qui mènent à la vérité sont nombreuses, mais là, je n'avait même pas le mulet à monter pour les parcourir.
Un bon café ouvrit mon esprit, les tartines à la confiture de mures apportèrent l'énergie nécessaire à son activation.
De ma cuisine, je pouvais voir le fleuve et le gigantesque pont métallique. Enfin, normalement. Parce que là, un sacré brouillard me donnait plutôt l'impression de vivre dans un monde factice, où tous les à-coups de la vie étaient étouffés.
Puis la température a du dépasser le point de rosée car en quelques minutes la brume s'est crevée pour laisser place au spectacle intemporel du port et de ses bateaux.
Il doit y avoir aussi un point de rosée dans l'esprit humain.
Un instant de grande confusion qui laisse place à des images claires et des idées nouvelles : un mur de brume, voilà ce que nous présentait Virtec.
Tout semblait bien aller dans son SGI. Alors, sur quoi travaillait-on ?
A suivre...
Merci Nol pour la relecture !
Publié sous licence Creative Commons by-nc-sa

aucun commentaire